en ce mois de janvier 2022 leptitlu attaque sa dernière ligne droite dans l'autre afrique. où sera-t-il en septembre prochain ? nul ne le sait encore. mais c'est le principe même duptitlu : ne jamais savoir ce qu'il y aura "après". et ça doit vous plaire puisque depuis le 9 janvier 2011 vous l'avez visité 357 082 fois. de toutes façons, où que ce soit, leptitlu continuera à vous faire voir, à vous étonner, à vous émouvoir, à partager. c'est, 11 ans après ses débuts, toujours sa seule ambition.
vendredi 26 octobre 2012
mont royal
le mont royal, que les montréalais appellent la montagne, bien que son point culminant n'excède pas 233 mètres, dont les pentes boisées dominent la ville, a été dessiné en 1876 par frederick olmsted, qui a également dessiné central park.
il offre à ses amateurs le charme de la nature en plein centre ville, mais aussi des pistes de jogging, de ski de fond, de raquette ou même de ski alpin (une petite), des routes pour le vélo et une patinoire, d'immenses pelouses pour pique-niquer ou jouer au football comme au frisbee, et des sentiers pour la promenade et l'observation des écureuils ou même tout simplement... la rêverie.
jeudi 25 octobre 2012
nipissingue
il y a de cela bien des lunes, vivait dans les terres de chasse des algonquins sur les hauteurs que couronne aujourd’hui le village de rawdon, un vieux sorcier indien, le méchant et tout puissant nipissingue. maître en sorcellerie, il pouvait rendre en remontrer à tous les sorciers des autres tribus, et le grand conseil des sachems ne décidait jamais rien sans l’avoir auparavant consulté.
rusé, adroit et mauvais, le sorcier menait son clan à sa guise. bien des ennemis personnels avaient rejoint leurs ancêtres pour lui avoir déplu. personne n’avait osé lui résister.
dans la même tribu vivait hiawhitha. fille de sachem, l’indienne aux yeux sombres était belle comme un jour ensoleillé et droite comme une épinette. sa jeunesse et sa beauté avaient captivé bien des coeurs mais le terrible nipissingue l’aimait et personne n’osait la lui disputer. malheureusement pour le sorcier, hiawhitha n’était plus libre car elle avait donné son coeur à un autre. elle possédait un maître.
née sur les bords du fleuve géant au confluent de la rivière-qui-marche, la jeune indienne avait vécu chez les blancs et parmi eux avait écouté le père jogues, plus tard martyrisé, qui avait parlé à hiawhitha du vrai manitou: celui qui aime et qui pardonne, celui qui s’était donné à la mort pour que nous vivions. hiawhitha s’était renseignée et bientôt avait cru.
baptisée, elle était profondément chrétienne. bien plus, elle avait donné son coeur à ce maître si bon, promettant de le lui garder toujours. la jeune indienne ne pouvait donc, ni ne voulait entrer dans le wigwam du grand sorcier. mais nipissingue n’était pas chrétien et se moquait de telles sornettes.
un soir de conseil, quand le calumet eut trois fois circulé autour de la flamme rouge dansante, nipissingue se leva, drapé dans la couverture de lin rouge et blanche : « hugh frères. le grand manitou ne veut plus voir son sorcier seul sur la route. hiawhitha l’accompagnera. j’ai dit. » trois fois encore le calumet s’aviva aux bouches lippues sous le nez en bec d’aigle et le plus vieux des sachems articula en grimaçant : « le grand manitou est sage, nipissingue ne marchera plus seul. » le sorcier était fiancé.
il ne restait plus qu’à préparer les magnifiques cérémonies et les danses qui consacraient à jamais l’union d’une fille de sachem avec le tout puissant messager du manitou. hiawhitha cependant ne l’entendait pas ce cette oreille. elle se livra à une prière intense et demanda l’aide de dieu à qui elle s’était confiée, puis avisa nipissingue de son vœu. le sorcier éclata de rire, puis se moqua d’elle avant de la menacer de mort, si elle ne changeait point sa décision.
hiawhitha se sentit perdue. soudain elle eut une idée. fille de sachem, elle n’avait point le droit de refuser le mariage mais avait le droit de choisir son époux. elle n’avait donc qu’à prendre un autre que nipissingue. arondack, son ennemi juré, comprendrait sans doute la promesse d’hiawhitha car il était bon. ainsi la jeune promise garderait son cœur intact au grand maître.
la jeune indienne fit connaître sa décision au conseil des sachems qui s’inclina. elle se prévalait d’un droit traditionnel qui n’appartenait point aux sachems de faire disparaître. nipissingue, informé, fit une colère noire, se rua au feu du conseil, jura de faire sombrer le clan sous ses maléfices si la jeune indienne ne l’épousait pas… puis se retira vaincu, la haine au cœur et l’injure à la bouche.
hiawhitha cependant, n’épousa point arondack. nipissingue, sorcier retors toujours écouté au conseil des sachems comme messager du grand manitou, lança les algonquins sur le sentier de la guerre. si nipissingue avait compté sur les aléas des combats pour se débarrasser de son ennemi… il avait bien jugé. la guerre fut désastreuse et arondack revint mourant à son wigwam. hiawhitha, fiancée par son choix, et d’ailleurs depuis toujours garde-malade de la tribu se tint à son chevet et prépara les infusions de plantes qu’elle cueillait elle-même dans les bois environnants.
un jour, manquant de plantes et s’éloignant du camp pour en récolter, hiawhitha se dirigea vers le profond précipice dorwin au fond duquel coulait alors un mince filet d’eau saumâtre. quelques racines de salsepareille couraient sur les bords du gouffre. la jeune algonquine se pencha pour les cueillir. nipissingue, à l’affût, la vit. toute la rancune afflua au cœur de l’indien. sans réfléchir, devant cette proie facile qui s’offrait à lui, il s’emporta et courut sur elle. d’un geste brusque, il la précipita dans l’abîme puis se pencha pour voir son corps frêle se déchiqueter sur les rocs.
il ricana férocement savourant sa vengeance mais… il ne vit rien. il ne verra jamais plus rien. a peine le corps de hiawhitha eut-il touché le mince filet d’eau que le précipice vibra d’un coup de tonnerre et qu’une magnifique chute, multipliant à l’infini le lin blanc de la robe de l’indienne, jaillit au sommet et se rua dans la gorge étroite où depuis elle ne cesse de bondir et de chanter. nipissingue, stupéfait, s’immobilisa et fut changé en pierre par le grand manitou et condamné à entendre ainsi pendant des siècles le chant de victoire de hiawhitha.
voici donc ce qu'il reste du sorcier. le rocher à droite de la chute présente une curieuse aspérité : c'est le visage de nipissingue, le sorcier changé en pierre. c'est là qu'on était hier apres-midi.
mercredi 24 octobre 2012
rawdon
rawdon, à l'instar du québec et du canada, voire de l'amérique, fut une terre accueillante pour les immigrants.
en témoigne, notamment, son cimetière russe, saint seraphim de sarov, dans lequel les premiers russes, arrivés dans les années 20, choisirent d'être enterrés, comme le sont encore aujourd'hui leurs descendants, de même que les autres orthodoxes de rawdon.
mardi 23 octobre 2012
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