dimanche 2 septembre 2012

le rétroviseur



il y a plus de dix ans -leptitlu vivait alors dans une ile paradisiaque- un auteur, compositeur, interprète, et guitariste, cousin d'une amie, avait débarqué d'un gros navion pour profiter de l'endroit et se produire sur scène. son récital, plein de poésie et d'humour, avait été un franc succès. l'homme étant en plus très sympathique j'avais eu le plaisir de l'accueillir chez moi pour une soirée amicale qui s'était terminée par un boeuf, chacun sortant son instrument de prédilection. ce fut une soirée mémorable. en voici une photo.




une de ses chansons m'avait particulièrement touchée, au point de m'être restée en tête toutes ces années : je savais qu'un jour elle me concernerait.

michel n'a pas oublié cette soirée non plus et a gentiment accepté de me donner le texte de cette chanson. je le partage avec vous. bien sur il n'y a pas la musique et pas de voix non plus, et c'est dommage. mais ce texte, juste avec ses mots, vous plaira, j'en suis sure. c'est très bien écrit, et si vrai. le voici, il s'intitule "le rétroviseur"
Je me souviens très bien de ce fameux dimanche,
T’as quitté la maison dans ta voiture blanche
«Au revoir» de la main mais dans un rétroviseur,
On ne voit pas très bien, deux silhouettes qui pleurent.

Je me souviens très bien de ce fameux dimanche
Où t’as quitté le nid
Abandonné la branche,
On a beau être fier que l’oisillon s’envole,
C’est tout un pan de vie,
Soudain qui dégringole.

Roule la vie, vas,
Roule ta vie, toi,
Debout sur les ailes du temps,
Roule la vie vas,
Roule ta vie , toi,
Rien ne s’ra plus, jamais comme avant.

Une larme une nuit,
Première dent, premier cri,
Les premiers cheveux blond
Fais risette à tonton,
Une fièvre, une peur
Une visite, un docteur,
Et on compte les heures, dans ton rétroviseur.
Un coin de cour d’école,
Une maitresse un peu folle
Un jeu à la récré, un genou écorché,
Un sapin clignoteur, des Noël en couleur
C’est fou tout c’qu’on peut voir, dans ton rétroviseur.

Roule la vie, vas,
Roule ta vie, toi,
Debout sur les ailes du temps,
Roule la vie vas,
Roule ta vie , toi,
Rien ne s’ra plus jamais comme avant.

Une gamelle dans la neige,
Une banane au collège,
Une île dans l’océan,
Une chambre d’étudiant,
Un train qui part à l’heure
Téléphone, écouteur et grincements de coeur
Dans ton rétroviseur.

Et puis tout qui s’emballe
Chute dans la spirale
Un béret de marin
Un métier dans les mains
Une fille aux yeux liqueur
Un coup de démarreur
C’est fou tout c’qu’on peut voir
Dans ton rétroviseur.

Je me souviens très bien de ce fameux dimanche,
T’as quitté la maison dans ta voiture blanche
«Au revoir» de la main mais dans un rétroviseur,
On ne voit pas très bien, deux silhouettes qui pleurent.

Roule la vie, vas,
Roule ta vie, toi,
Debout sur les ailes du temps,
Roule la vie vas,
Roule ta vie , toi,
Rien ne s’ra plus jamais comme avant.

en ce jour ou fils cadet quitte à son tour le nid, quelques années après fils ainé, pas de pathos, rien de dramatique, mais la vie qui va, des chapitres qui se ferment et d'autres qui s'ouvrent. et c'est très bien ainsi.

tout ceux qui ont vu leurs enfants grandir puis partir me comprendront. les autres, le jour venu, se souviendront peut-être de ce texte.

et ces deux liens vous permettront d'entendre michel lefort, dans d'autres titres, que j'aime bien aussi.

2 commentaires:

  1. On ne peut pas rester insensible à ce magnifique texte. Un manque que rien ne vient combler pendant des mois ou des années. On refait le plein de 1000 choses pour remplir ce vide qui indispose. Ensuite, on attend qu'ils reviennent nous visiter seuls ou accompagnés. On partage à nouveau des moments de complicité. Quelquefois un tout petit apparaît. Il fait revivre le bonheur de redonner cet amour qui s'était apaisé faute de bras tendus. Alors, dans le creux de ce sein qui continue de protéger, on revoit ceux qui dans le rétroviseur ne nous ont pas vus pleurer.

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    1. Ptilu, une chose est certaine, tu peux être satisfaite d'avoir bien accompli ton travail de maman.

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