vendredi 18 septembre 2015

marina tsvetaeva

en 2012 a ete inauguree a saint gilles croix de vie une statue de bronze, representant marina tsvetaeva, poetesse russe. don de  zourab tseretelli, president de l'academie des arts de tbilissi et proche de poutine, marina tsvetaeva avait deja sa promenade le long du port.


nee le 26 septembre 1892 a moscou elle a sejourne l'ete 1926 a saint gilles. elle a connu une vie d'exil et de pauvrete jalonnee de morts, en france, en tchecoslovaquie, en allemagne. amie de boris pasternak et rainer maria wilkes, elle ecrivait en 1932 : Ici [à Paris], je suis inutile, là-bas [en Russie], je suis impossible." 

Elle s'est pendue a 49 ans.




pour les courageux...

Il en tomba combien dans cet abîme
Béant dans le lointain !
Et je disparaîtrai un jour sans rimes
Du globe, c’est certain.

Se figera tout ce qui fut, - qui chante
et lutte et brille et veut :
Et le vert de mes yeux et ma voix tendre
Et l’or de mes cheveux.

Et la vie sera là, son pain, son sel
Et l’oubli des journées.
Et tout sera comme si sous le ciel
Je n’avais pas été !

Moi qui changeais, comme un enfant, sa mine
- Méchante qu’un moment, –
Qui aimais l’heure où les bûches s’animent
Quand la cendre les prend,

Et le violoncelle et les cavalcades
Et le clocher sonnant…
– Moi, tellement vivante et véritable
Sur le sol caressant.

A tous – qu’importe. En rien je ne mesure,
Vous : miens et étrangers ?! –
Je vous demande une confiance sûre,
Je vous prie de m’aimer.

Et jour et nuit, voie orale ou écrite :
Pour mes « oui », « non » cinglants,
Du fait que si souvent – je suis trop triste,
Que je n’ai que vingt ans,

Du fait de mon pardon inévitable
Des offenses passées,
Pour toute ma tendresse incontenable
Et mon trop fier aspect,

Et la vitesse folle des temps forts,
Pour mon jeu, pour mon vrai…
– Ecoutez-moi ! – Il faut m’aimer encore
Du fait que je mourrai.

(traduction Sophie TECOUTOFF)  

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