lundi 21 janvier 2013

la culture c'est comme la confiture

je viens de finir deux livres, totalement différents.

"le juif errant est arrivé", récit tiré d'articles écrits en 1929 par albert londres, journaliste français bien connu, qui part à la rencontre du peuple juif, pour le connaître, le comprendre et l'expliquer. s'en suit une description passionnante, instructive, sans tabou, par moment effrayante, de la communauté juive d'europe et de palestine. la religion, les pogroms, les ghettos, la naissance du sionisme, l'espoir, l'installation en terre promise, rien n'échappe à albert londres qui raconte ce qu'il voit et ce qu'il entend avec une précision d'entomologiste. et lorsqu'il compare la posture des juifs des ghettos d'europe centrale avec celle des juifs de palestine, beaucoup de choses s'éclairent.
et que ce soit sur les prémices de la shoah ou sur la future instabilité de la palestine, c'est carrément visionnaire. pas sûr qu'un livre comme celui-ci pourrait paraître aujourd'hui : au royaume du politiquement correct, albert londres, sans concession et sans langue de bois, aurait sans doute mal fini.

et puis j'ai cédé à l'appel des prix littéraires... je me suis perdue "dans les forêts de sibérie". sylvain tesson (le bien nommé) s'installe pour 6 mois dans une cabane rustique sur les rives du lac baïkal. ça me fait rêver. j'aurais adoré faire ce genre d'expériences, que j'ai pu "un peu" approcher au canada, notamment pour un séjour de camping au milieu de la forêt, des ours et sans contact avec le monde "civilisé". c'est un souvenir très fort.

mais là, ça donne lieu, en vrac, à une indigestion de pâtes au tabasco, une lecture erratique, des aphorismes fumeux, une énumération des cigares préférés de l'auteur, une rupture amoureuse, le tout noyé dans des litres d'alcool que s'envoie à tour de bras un bobo parisien en vacances de sa vie trépidante d'alcoolo mondain.

extraits choisis : "le bonheur est fugace comme une bouffée de cigare". "moi j'ai 37 ans et je rentre parce qu'il fait -34" ou encore, "à la fin de la matinée, je jette dans la poudreuse une demi-douzaine de bouteilles de vodka kedrovaia. je les retrouverai à la fonte, dans trois mois. les goulots crêveront la couche, annonçant les beaux jours mieux que les perce-neige". 

et je vous fais grâce des élucubrations intellectuello-politiques prétentieuses et des détails sordides.

pourtant, page 36 "je vais enfin savoir si j'ai une vie intérieure" était pas mal. il me semble que c'est ce à quoi doit (ou peut) servir ce genre d'expérience. mais après moult rasades de vodka, de bière et autres schnaps locaux, il y a peu de chances de tirer cela au clair.

enfin, tout ça, c'est mon avis...


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